Le mouvement ASPTT et le monde du judo pleurent leur champion

20/01/2019

Lundi 7 janvier 2019, Bernard Tchoullouyan nous quittait à l’âge de 65 à la suite d’une crise cardiaque. Pour ceux qui l’ont côtoyé et ceux qui ne le connaissaient pas, retour sur la vie d’un homme humble, un judoka redoutable et un champion hors norme.

Âgé de 65 ans, celui que l’on surnommait « Tchou » faisait très attention à son hygiène de vie. « C’était quelqu’un de très sain. Il ne fumait pas, ne buvait pas. Au restaurant, il dégraissait même sa viande », confie Jean-Pierre Givone, président général de l’ASPTT Marseille au journaliste de La Marseillaise. Ce proche du judoka se souviendra de lui comme « quelqu’un de très gentil, très discret, très humble, qui aimait la compagnie et riait de tout ».

Le judo, une discipline découverte par hasard

Alors qu’il envisageait, comme tout jeune  » mino  » de la cité phocéenne, la pratique du football, c’est pourtant vers le judo que Bernard Tchoullouyan se dirige dès son plus jeune âge. Il foule ses premiers tatamis à 8 ans, sous l’impulsion de son père.

« À l’époque, les écoles de football n’existaient pas, il fallait avoir onze ou douze ans pour jouer en club », explique Jean-Pierre Givone.

Il s’inscrit à la section judo de l’ASPTT Marseille sous la houlette de l’entraîneur Elie Bœuf. Élève surdoué, il va rapidement révéler  son talent et finit par dépasser le maître. Il intégrera d’ailleurs les sélections nationales dès son passage dans la catégorie juniors.

Le destin d’un champion

Exilé un temps à Paris, afin de continuer à progresser, il se construit en quelques années un palmarès plus que remarquable : cinq titres de champion de France, cinq médailles européennes, une troisième place aux Jeux de Moscou en 1980 et il atteint le sommet de sa discipline en 1981 en décrochant un titre mondial aux Championnats du monde de Maastricht.

Toujours très attaché à sa ville, il dédie d’ailleurs ce titre de champion à Fernand Chaze, secrétaire général historique de l’ASPTT Marseille, qui s’était éteint quelques jours plus tôt.

Il fera partie, jusqu’en 1984, des sportifs de haut niveau préposés de La Poste avant de transmettre, à son tour, son savoir aux judokas en herbe de l’ASPTT jusqu’en 2008. Ces dernières années, Bernard Tchoullouyan effectuait des piges au Team Lagardère ou encore à l’OM Judo, et formait des athlètes de haut niveau comme la championne olympique et du monde Lucie Decosse ou la championne du monde Morgane Ribout. Il a consacré sa vie entière au judo.

Un homme simple et respecté

Les personnes qui le côtoyaient ne peuvent que confirmer la bonté et la gentillesse de « Tchou », comme le Président de l’ASPTT Marseille : « Il était très gentil, très doux, très calme et serein, jamais un mot plus haut que l’autre. Je pense que c’est pour ça qu’il était tant aimé, il ne pouvait laisser personne insensible ». « C’était un type formidable avec un gros sens de l’humour. Je n’ai jamais entendu quelqu’un dire du mal de lui » complète Jean Paul Coche dans les lignes de La Provence.

Depuis sa disparition, les hommages se sont multipliés, allant des judokas locaux au président de la Fédération Française de Judo, Jean-Luc Rougé. Le plus marquant ayant eu lieu le lendemain de ses funérailles au dojo de Septèmes-les-Vallons, où toutes les ceintures noires et haut gradés ont été conviés pour un mondo afin de lui rendre hommage. Lors de cette cérémonie japonaise, ils ont échangé à propos de celui qui a marqué l’histoire du judo tricolore.

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